Dans certains domaines, comme l’analyse d’images médicales ou de données génétiques, l’IA peut déjà aider à détecter des maladies. Mais elle ne pose pas de diagnostic seule. Elle assiste les médecins, qui interprètent les résultats et prennent la décision finale. Sa fiabilité dépend surtout de la qualité des données et des méthodes utilisées pour l’entraîner, un domaine où la bioinformatique joue un rôle clé.
Les modèles d'IA entraînés sur de très grandes quantités de données attirent l'attention, mais ils ne sont pas toujours les plus précis. Dans les sciences de la vie, des modèles plus spécialisés peuvent parfois mieux analyser des données génétiques, médicales ou environnementales. Les bioinformaticien·nes comparent et testent rigoureusement les modèles – c'est le benchmarking – pour identifier les méthodes les plus fiables.
Une IA apprend à partir des données qu’on lui fournit. Si celles-ci sont incomplètes ou erronées, les résultats peuvent être biaisés. Par exemple, un outil médical entraîné sur certaines populations peut être moins fiable pour d’autres. En bioinformatique, les expert·e·s vérifient, organisent et documentent les données utilisées pour éviter au maximum les biais et rendre ces analyses plus fiables.
Les scientifiques utilisent des méthodes d'intelligence artificielle et d'apprentissage automatique depuis des décennies pour analyser les génomes, les protéines et les données médicales. Les avancées récentes – notamment les outils d'IA générative comme ChatGPT – ont propulsé l'IA sur le devant de la scène, ouvrant de nouvelles possibilités et accélérant la recherche. Son application fiable dans les sciences de la vie repose toutefois sur l'ensemble des connaissances scientifiques accumulées, ainsi que sur des bases de données biologiques de qualité, développées et validées grâce à la bioinformatique.
L'IA permet de repérer des signes précoces d'une maladie, de prédire l'évolution d'une épidémie ou de guider les efforts de conservation de la biodiversité. Mais elle ne travaille pas seule : elle s'appuie sur d’immenses quantités de données produites par les scientifiques – en laboratoire, à l'hôpital ou sur le terrain. Ces observations et expériences restent indispensables pour évaluer et améliorer les modèles d'IA, ainsi que pour produire de nouvelles connaissances.
En sciences de la vie, la bioinformatique est à la fois le socle et le moteur de l’intelligence artificielle. Elle structure et enrichit les données du vivant, développe et utilise des modèles d’IA pour les analyser, et compare rigoureusement les méthodes pour en vérifier la fiabilité. Cette expertise permet de transformer les données biologiques en découvertes scientifiques utiles pour la société, de la santé à l’environnement.